Chaque personne a son propre contexte. Un contexte qui le rend intéressant, unique. Un contexte qui lui donne tout son charme, tout son sex appeal. Pour lui, c’était le désert.
Je le connaissais pourtant depuis plus d’un an. Je l’avais vu bien habillé, en jeans et même croulant de boue. Sans grand effet. Un garçon sympathique, agréable, un bon ami mais sans plus.
Le déclic s’est produit lors d’un dîner chez moi où il avait été invité en compagnie de d’autres amis. Le moment précis s’est produit alors qu’il faisait ma vaisselle pendant une discussion sérieuse sur l’amour et les relations homme-femme. Puis, l’espace d’une seconde, il m’a jeté un regard par-dessus l’épaule. C’est à ce moment précis, à la fois bizarre et anodin, que c’est arrivé.
Quelques jours plus tôt, je lui avais parlé d’un truc dans le désert. Une activité annuelle où des centaines de milliers de gens se donnent rendez-vous dans le désert, l’espace d’une semaine. Une expérience à la fois physique et spirituelle. Ça faisait déjà plusieurs années que je rêvais d’y aller mais je n’avais jamais croisé personne d’aussi enthousiasme, sinon plus, que moi.
Mais là, ça y était, j’avais soudainement une envie obsédante d’être dans le désert avec lui. Moi, pourtant si pudique et généralement réservée, je rêvais d’être nue dans le désert avec ce mec dont je connaissais que très peu l’âme.
J’avais envie de me coller contre son corps durant les nuits désertiques très froides, j’avais envie de suer tout le sel de mon corps avec lui sous le soleil de plomb, de sentir l’odeur de son corps en sueur et je rêvais même de devoir survivre à une redoutable tempête de sable juste pour avoir l’excuse de me blottir au creux de ses bras.
Cet homme que je connais assez peu finalement sinon qu’à travers les questions de la vie mondaine. Boulot, loisir, mets préférés. Soudainement, mon esprit s’occupait à imaginer son corps nu. Des quoi avait l’air ses bras, si sa poitrine était pileuse ou non. S’il y avait, sous ce chandail, des abdominaux bien définis. Après tout, malgré sa petite carrure, du moins petite et délicate pour un homme, se cachait un marathonien. Un homme de longues distances et d’efforts soutenus. Je n’avais jamais vu de marathoniens. J’imaginais donc que son corps reflétait un tant soit peu ce traitement choc qu’il s’imposait à lui-même. Pendant des heures, je tentais de visualiser son corps, son torse, ses abdominaux, ses jambes de marathoniens aux muscles puissants et résistants.
Depuis ce moment précis où il m’a jeté ce regard pendant qu’il faisait ma vaisselle, je rêvais de voir son corps nu sous le soleil plombant du désert. Un homme nu, dans sa plus simple beauté, la lumière du soleil perlant sur sa peau couverte d’une fine couche de sueur.
J’étais donc pour dédier les prochains mois de ma vie à préparer mon corps à moi, le raffermir et y mettre un maximum d’effort et d’entraînement. Parce que si j’avais obsessivement hâte de poser mes yeux sur son corps dénudé au milieu du désert, j’avais aussi envie de savourer le moment précis où je retirerai mes propres vêtements et où ses yeux se poseront sur mes seins nus, sous le soleil désertique qui nous unira enfin.
Seuls au milieu de nulle part, sans les barrières du quotidien, sans témoins, sans vaisselle, sans aucune excuse pour cacher nos âmes et qui nous sommes vraiment.

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