C’était l’affaire à faire. À chacun son époque. Mes parents, c’était le pot, le LSD et le brûlage de soutien-gorges. Mon époque à moi, c’est les expériences sexuelles diverses. Le sexe comme divertissement. Comme on va voir un spectacle, comme on écoute un film. Comme on se fait un souper entre amis dans le fond. Sauf que dans ce cas-ci, le buffet, la pièce de résistance, c’est les invités comme tels.
Je n’aime pas les femmes. Je ne les haïs pas non plus remarquez. Mais la nature m’a déjà avantageusement dotée d’une poitrine généreuse et d’une fantastique capacité multiorgasmique. Je ne vois tout simplement pas ce qu’une femme peut m’apporter de plus que je n’ai pas déjà. C’est tout. Bref, c’est juste que je ne sais pas quoi faire avec ça, une femme.
J’aime les hommes. J’adore les hommes. Les grands, les petits, les épilés, les poilus, je les adore. J’aime imaginer leur corps sous les vêtements, j’aime leur force, leurs épaules larges, leurs grandes mains fermes et rugueuses. J’aime découvrir leur corps, chaque recoin de leur poitrine, découvrir ce qui les rend uniques. Et bien sûr leurs fesses et leur sexe, bien sûr. Rien au monde ne me donne plus de satisfaction que la sensation de me sentir femme lorsque je vois que j’excite un homme au point de pouvoir le faire jouir. Aussi animal que cela puisse paraître, il s’agit pourtant pour moi de la plus fantastique vitamine pour booster ma confiance. En fait, ça me prouve que je suis toujours femme et surtout, ça me démontre que je suis toujours bien en vie.
Ça faisait plusieurs fois que cet homme m’invitait à des petites soirées coquines. Je n’avais jamais osé y aller. Pas que le sexe en groupe me rebutte mais probablement parce que j’avais peur d’être la plus moche, la plus grosse du groupe. Celle qui finit immanquablement toute seule, comme dans les tournois de ballon-chasseur à l’école primaire. Je craignais de ne pas savoir quoi faire je craignais de ne pas être à la hauteur. Je craignais aussi ma propre réaction en voyant mon amant jouir avec quelqu’un d’autre. Et si elle était mieux que moi. Et si il la préférait? Je suis possessive. Je l’ai toujours été mais au moins aujourd’hui je le sais et je l’assume. Je travaille là-dessus. Après avoir longtemps hésité et après avoir perdu mon amant, j’ai dit oui. Faut bien l’essayer une fois pour savoir qu’on n’aime pas ça, n’est-ce pas?
Je l’ai dit dès le départ, les femmes m’excitent autant que des roches. Alors combien y aura-t-il de gars présents? J’ai toujours pensé, moi qui n’y connait rien d’autre que ce que j’ai vu à Bleu Nuit, qu’une bonne partouze nécessite deux hommes pour chaque femme. Trois gars et trois filles m’a-t-on dit. bon, ok. C’est un minimum, me suis-je dit, qu’il y ait autant d’hommes que de femmes au moins. Grande déception une fois arrivée au point de rencontre, finalement ce sera un gars et trois filles. C’était pas exactement ce qu’on m’avait dit. Mais je suis là, alors aussi bien voir qu’est-ce que c’est au moins. Tous des gens de milieux divers et de backgrounds qui briseraient bien des préjugés sur le type de gens qui font des orgies de groupe. Un avocat en droit international, une professeure au secondaire et mère de famille, une secrétaire du milieu culturel et une politicienne.
Je m’étais toujours demandé comment ça commence une orgie. À go tout le monde à poil? Une partie de strip poker? En fait, une partouze commence exactement comme une baise à deux personnes. Ça commence avec des caresses et des baisers. Puis un chandail qui s’enlève ici. Puis un autre là. Et voilà. Sauf qu’au lieu d’y avoir deux personnes dans la salle, il y en a 6 ou 12 ou 20 ou n’importe quel nombre. Peu importe.
Je n’aime pas les femmes. Alors l’idée d’être trois avec un seul homme m’apparassait assez nulle finalement. C’est peut-être mental mais pour être excitée et stimulée, pour jouir et pour réellement prendre mon pied, j’ai besoin d’un homme. De sa chaleur, de sa sueur, de son corps. Je n’y peut rien. Les autres femmes peuvent bien me toucher et me caresser tant qu’elles le veulent. Je peux bien les caresser si ça les excite. Mais moi, caresser une femme me fait le même effet que caresser mon chien.
L’orgie va durer plus de quatre heures. Quatre heures parmis lesquelles, je n’ai pu caresser le sexe du seul gars présent qu’une vingtaine de minutes tout au plus. Il aura jouit trois fois avec la même fille. Pas avec moi. Pas d’orgasme. Pas de grand plaisir. Un bon film m’aurait plu tout autant. Un souper avec des amis aurait au moins eu le plaisir de m’exciter intellectuellement.
Je suis repartie de là avec une impression de coït interrompu et d’avoir perdu un samedi soir finalement. La soirée m’aura au moins permis de clarifier deux choses. Primo, la réalité est drôlement loin d’un film porno. Secundo, Je n’aime pas les femmes. Mon bonheur est un homme.

1 comment
Comments feed for this article
19 mars 2008 à 3:26
SeaRabbit
Mon Dieu… mais est-ce mon blogue secret que je suis en train de lire???
J’ai vécu la situaion que tu décris avec le même constat… Je ne trouve rien à faire d’intéressant avec une femme… Point à la ligne…
Oh… Il y a eu des moments cocasses… des rires et un certain plaisire… mais non, ce n’est vraiment pas ce qui me branche…