C’était mardi soir. Je t’ai sagement attendu à la galerie pendant près de deux longues heures. Mais aussitôt arrivé, ma soirée s’est transformée. J’avais envie d’être près de toi, envie de te parler, même de rien et de n’importe quoi, j’avais envie de te voir près de moi. J’avais surtout envie te de sourire et de tenter de décoder tes regards pour percer ton âme. Je l’ai sentie cette connection silencieuse mardi soir.
Une attirance qui n’est pourtant qu’un jeu de regards, que des sourires à la fois de nervosité et d’assurance. Officiellement, je sais, tu as une copine. Officiellement, je sais, j’ai cet homme qui est l’âme de ma vie. Mais dans les faits, je ne crois pas à ton histoire et tu ne crois pas à la mienne. Alors qui est-ce que l’on berne dans le fond?
Mardi soir, j’ai senti et ressenti tes sourires et tes silences à la galerie, au restaurant et même chez vous à la fin de la soirée. J’espérais tellement que tu m’offres une excuse pourtant. N’importe quelle excuse. Il était minuit 30 et les copains s’apprêtaient à quitter. Et moi secrètement, tout ce que j’attendais c’était que tu me tendes la main et que tu m’offre une excuse à la con pour abandonner les acolytes à leur départ et pour que je reste avec toi pour le reste de la nuit. N’importe quoi. Même la plus conne des excuses aurait fait l’affaire. Je voulais m’allonger à côté de toi et dormir à tes côtés. Je voulais embrasser chaque centimètre de ton corps, je voulais t’observer dans la pénombre et surtout, je voulais ouvrir les yeux au petit matin en sentant ton corps tout près du miens.
Et puis jeudi. Une soirée fantastique encore une fois. Toujours ce contact et cette tension surnoise et silencieuse dans nos regards. Ces sourires à la fois révélateurs et cachetiers. Et ce café. Ce café unique digne d’un fantasme romantique encore plus poussé sur les milles et une nuit. Toi et moi allongés sur tes coussins, éclairé par des chandelles feutrées et devant nous un plateau de fruits. Même les milles et une nuits ne sont pas si sensuelles. Un petit moment qui passera à l’histoire pour ce sourire doux et nos silences. Nos silences qui pourtant parlent tant. Des silences remplis à rabord de sous-entendus et surtout de désirs. Des silences qui parlent plus que toutes les paroles du monde réunies. Des silences pour pesants que les mots.
Et encore une fois, on se ramasse chez toi avec les copains. Et encore une fois, cette immanquable espoir que tu m’offres une excuse, n’importe laquelle, pour que je puisse abandonner les copains à leur départ et que je puisse rester avec toi. Ça peut être la pire excuse au monde, ça n’a pas d’importance. N’importe quoi pour rester avec toi et enfin mettre fin à cette force d’attraction silencieuse qui nous donne envie l’un de l’autre.
J’entends bien tous nos silences complices, nos sourires d’insécurité et tous ces gestes pourtant si simples qui prennent maintenant un sens différent. J’ai envie de ton lit. J’ai envie de m’y endormir tout contre toi. J’ai envie d’entendre tes respirations toute la nuit et de ne pas fermer l’oeil pour bien apprécier le moment et surtout, pour m’assurer que mon cerveau enregistre précisément chaque tout petit détail de notre première nuit. Je veux t’observer pendant des heures et veiller sur ton sommeil. Je veux être la première chose que tes yeux verront demain matin au réveil.
Dans le fond, qui est-ce qu’on leurre? Je sais bien, officiellement, tu as ta copine. Je sais bien, officiellement, je cours après l’homme de ma vie. Je sais bien tout ça. Mais tu es là, dans ton sofa et je suis là, juste à côté de toi. Et j’espère en mon âme que la troisième fois sera la bonne.
La prochaine fois, je ne veux pas partir. Je ne veux que d’une excuse pour pouvoir me réveiller. Je n’ai besoin que d’un signe pour prendre mon courage à deux mains et t’embrasser. Faire les premiers pas. Pour en finir avec tous ces silences et ces sourires, pour pouvoir enfin me réveiller avec toi demain matin.

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