Minuit trente. Seule. Encore toute seule dans un grand lit trop grand pour me réchauffé mais pourtant beaucoup trop petit pour que mes angoisses s’y perdent, que mes peurs s’égarent, que mes inquiétudes me quittent. Je dors sur un matelas d’angoisses, bien enroulée dans des couvertures d’anxiétés, la tête appuyée sur un oreiller d’insécurité. Ça doit expliquer mon insomnie. À moins que ce ne soit le désir de te trouver à mes côtés, au beau milieu de la nuit qui m’empêche de dormir.
La carapace et l’image ont beau être bien fortes, je ne suis rien sans toi. Peur de vieillir toute seule, peur de ne plus jamais être aimée, peur de ne plus jamais avoir une main carressant ma nuque. Peur d’être seule par dépit, de ne pas avoir le choix d’être seule ou non. Peur de la vie mais surtout peur de ne pas vivre, de passer à côté de ma vie pour quelques raisons stupides.
Si je ferme les yeux ce soir, si je ne me réveille jamais, quelqu’un viendra-t-il éventuellement nourrir le chien? Est-ce que quelqu’un pensera à moi? Se demandera si je suis toujours en vie? Si j’existe toujours? La grande question : who cares?
Et pourtant, tellement envie de toi. Envie de te voir dormir la nuit, à poings fermés. Envie de poser mes lèvres sur ton front et ma main dans ton cou. Envie de sentir ton odeur dans les vêtements que tu auras laissé traîner au pied de mon lit.
Ah putain – pourquoi est-ce si compliqué? Pourquoi est-ce que tu ne viens pas sonner à ma porte? Pourquoi est-ce qu’on ne s’embrasse pas? Pourquoi on ne s’aime pas? Pourquoi tu ne m’aimes pas? Pourquoi tu ne me donne pas une petite chance, une toute petite chance aussi grosse que l’Île-du-Prince-Édouard dans la confédération canadienne, une chance de rien du tout? Pourquoi tu n’apelles pas? Pourquoi tu n’es pas ici, maintenant, avec moi? Et puis merde – pourquoi je t’aime?

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