On ne s’était jamais vu. On ne s’était même jamais parlé directement. Et pourtant. Pourtant, tes mains dans mon dos. Ta main sur ma nuque. Ton souffle au creux de mon oreille. Ton corps tout près du miens. À ce moment précis, j’avais envie de toi. Envie de découvrir ta poitrine sous tes chandails. Envie de poser mes lèvres sur le bas de ton ventre. Envie de découvrir ton odeur et de caresser tes mains rugueuses.

J’ai enfilé mon manteau, je me suis levée et je suis sortie. Tu m’as suivi à la course. Ta main au creux de mon dos. Comme un aimant. Comme une ficelle que tu accroches à mon âme. J’avais envie de te découvrir au lever du soleil. De voir de quoi tu as l’air une fois le soleil debout, sans la lumière du jour plutôt que dans la noirceur urbaine d’un stationnement oublié d’un quadrilatère désert.

J’aurais dû t’embrasser pendant que ta main réchauffait mon dos. Le monde aurait pu changer ce soir-là. MA vie aurait pu basculer dans une dimension parallelle, meilleure ou pire mais certainement différente ne serait-ce que pour les quelques heures qui restaient à cette nuit si bien amorcée.

La prochaine fois, ne m’attends pas. Embrasse-moi et serre-moi contre toi. Et cette fois-ci, ça sera ma main à moi qui frôlera ta nuque.