C’était parfait. Tout était parfait. Parfaitement parfait.

D’abord toi. Toi, tu étais parfait. Professionnel de la plus noble professione, bien éduqué, cultivé. Le genre qu’on rêve de présenter à sa mère. Et puis tu es mignon, ce qui est encore mieux que d’être une beauté divine. Parce que mignon, ça veut dire présentable et joli mais pas trop au point où toutes les filles tournent la tête sur ton passage. Assez pour se faire désirer mais pas assez pour devenir jalouse et craindre que chacune de tes sorties devienne une aventure.

Tu as tout pour toi. Belle job, bon salaire, belle voiture, condo de rêve. Ta vie est belle.

Et pourtant. Pourtant, tout ce vide intérieur, cette absence de bonheur qui transparaît dans tes yeux, comme des larmes invisibles qui coulent sur tes joues. Et cette peur de ne jamais trouver le bonheur qui te ronge de l’intérieur et que je sens au creux de ton cou. Cette peur profonde d’avoir la vie parfaite et d’être pourtant particulièrement et foncièrement malheureux malgré tout. J’ai lu dans tes yeux tout le poids de cette inquiétude que tu portes en toit. J’ai entendu dans tes silences le vide qui remplit ton âme en l’absence de bonheur.

Puis ce petit moment magique. Tes lèvres contre les miennes. Tes lèvres qui n’avaient pas embrassées depuis trop longtemps déjà. Tes lèvres qui avaient presque oublié le plaisir d’être aimé. Et ta nuque. Ta nuque qui avait oublié le bonheur d’être désirée. Le plaisir d’être caressée tout doucement.

Un peu comme si ton âme avait tenter d’oublier l’amour et ce que ce la signifie d’être désiré et aimé. Parce que lorsqu’on ne sait pas ce que c’est que d’être aimé, lorsqu’on ne connait pas cette sensation, on ne s’en ennuit pas puisqu’on ne sait tout simplement pas ce que l’on manque. Ton âme avait effacer l’amour pour ne pas à avoir à soutenir le poids de son absence. Laissant forcément un vide immense en toi, comme un trou noir aspirant toute trace de bonheur.

Un baiser. Un tout petit baiser. C’est tout ce que ça aura pris pour rappeller à ton âme tout ce qu’elle tentait plus fort que tout d’oublier. Tout ce malheur, tout ce vide, toute cette immense absence de bonheur qui te rongeait de l’intérieur. Ça n’aura pris qu’un baiser. Un baiser parfait, remplis de toute la tendresse dont un être humain est capable. Tout le désir qu’une âme peut contenir, tout le désir de bonheur et d’amour qui peut couler dans les veines d’un homme. Tout l’amour du monde dans un tout petit baiser.

Et puis plus rien. Plus rien parce que la douleur que ce baiser à laisser, toute la douleur de ne pas être aimé, de ne pas être désiré, de ne pas être caressé est soudainement remontée à la surface. Toute cette douleur sur le bout de tes lèvres, dans un baiser.

Plus rien parce que tu as réalisé que la douleur que t’avais rappellé ce baiser, toute cette douleur que ton âme avait tentait avec tous les efforts du monde de faire disparaître, cette douleur était encore plus pesante que le vide qui t’habitait à l’intérieur.

Aimer nous rappelle la douleur qui nous habite en l’absence de l’amour. Et pour toi, mieux veut ne pas connaître l’amour du tout que de devoir supporter le poids de la douleur laissé par le vide du désir.

C’est précisément pour ça que tu m’as rayé de ta liste MSN. Pour ça que tes messages textos remplis de désirs les plus fous ont cessés.

Pour ça que nous ne ferons jamais l’amour. Que nous ne nous réveillerons jamais collés l’un contre l’autre.

Parce que m’aimer t’obligerai à ouvrir ton âme au désir, à l’attirance et à l’amour bien sûr. Et que l’amour fait souvent plus mal encore que son absence.

Tu étais parfait tu sais.