J’ai mal à la tête. J’ai mal à la tête quand je pense à ma vie. Mal de ne pas savoir quoi faire, mal d’avoir l’impression de perdre ma vie à perdre mon temps à brasser des papiers 8 heures par jour pour un patron particulièrement incompétent.
Je voulais changer le monde, je voulais contribuer. Je voulais changer les choses, travailler à créer un monde meilleur, dénoncer les injustices. Je voulais être moi. J’avais des valeurs, des rêves, des envies, je voulais vivre. Je ne voulais pas survivre, je voulais vivre à 100%.
Et je suis là, assise sur un emploi minable parce que mon titre officiel en jette et parce que c’est plus simple de fermer sa gueule et de payer les comptes. S’assurer que sa banque est contente et que mes paiements sont faits à temps, pour ne pas fâcher ma banque qui s’est elle-même tellement mal gérée en attribuant de très généreux bonis à ses dirigeants dont le management était tellement pourri que l’état a dû leur donner des centaines de millions de mon argent en prime, pour couvrir leurs conneries.
Non mais quelle putain de société de merde. On récompense la médiocrité pendant que l’honnête citoyen à de la misère à payer ses impôts. Bravo.
J’ai mal à la tête. Le dimanche soir en pensant que je devrai aller travailler pour un débile incompétent demain. J’ai mal au ventre dans la voiture en m’approchant du bureau. J’ai des migraines dès 13h.
La vraie torture, ce n’est pas de se faire fouetter, c’est d’être enchaîné à un bureau devant lequel déambule un patron incompétent pendant des années et des années, à raison de 37 heures et demi par semaine.
Envie de tout plaquer. Surtout le patron. Ma vie ne peut qu’être ailleurs…

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