La réalité, c’est que je n’ai personne. La réalité c’est que ma famille n’est pas proche, que je ne partage rien avec eux et qu’au final, je n’ai personne. Pas d’amoureux, pas de compagnon de vie. J’ai moi et j’ai mon chien. Ma plus longue relation à vie – 9 ans et demi.
La réalité c’est que je ne pense pas jamais être en amour à nouveau. Je ne pense pas être aimée à nouveau. J’ai été en amour, passionnément, complètement, deux fois dans ma vie. C’est probablement plus que bien des gens. 8 ans avec un mec sincèrement bien, que j’ai flushé pour un trou du cul que j’ai pourtant aussi aimé pendant 4 ans. 12 ans d’amour. C’est probablement plus que bien des gens. De cela, je retiens que chaque moment de tendresse que la vie me balance est sans doute un moment supplémentaire et que je dois le prendre comme tel. Le savourer, ne pas questionner et être reconnaissance de chaque petit moment.
Je ne pense pas être capable d’aimer à nouveau. Parce que ça fait trop mal. Parce qu’à chaque fois mon coeur se brise en mille morceaux supplémentaire et que là, les morceaux commencent à être trop petits pour être recollés et rapiecés. Et puis ça fait tellement mal. Tellement.
La solitude qui me réenvahi encore une fois. Pas de futur commun, pas de passé composé à deux, pas de présent au pluriel. Moi. C’est tout.
Je ne me vois pas vieillir. Vieillir pour quoi? Pour qui? Pas de descendance – par choix et parce que la vie est ainsi faite. Pas vraiment de famille. Pourquoi vieillir? Pourquoi avoir mal? Pourquoi souffrir? J’aurais envie de nager dans l’océan et de me laisser porter par les vagues jusqu’à ce qu’une d’elle m’avale. Ça ne fera pas très mal, ça durera quelques minutes. Et puis ensuite le silence. La fin de la solitude. Plus de moi.
Mon chien est ma seule raison de vivre. Il a 9 ans et demi. Je ne sais pas ce que je ferai à sa mort. Cette vie est totalement absurde. Vivre pour travailler, travailler pour pouvoir vivre. Se lever, se dépêcher, aller se faire chier, se dépêcher, relaxer, dormir et tout recommencer jusqu’à ce qu’on soit trop vieux pour y arriver. L’argent rentre dans le compte, l’argent sort du compte, il ne reste rien au bout de la semaine. C’est absurde. Une journée de la marmotte.
Je ne suis personne. Les gens pleureront quelques heures, peut-être quelques jours mais il me semble que je serai plus utile à veiller sur eux en esprit qu’à rester ici à tourner en rond comme un hamster dans une cage.
Je n’ai pas d’amour, personne qui ne m’attend, personne qui ne pense à moi le soir. Quelques rares amis, dont la majorité qui me décoivent tellement et qui me disent, de par leurs actions, “écoute, ouais, c’est cool mais non, tu n’es pas importante, non tu n’es pas prioritaire et puis oui, j’oublie que je devais te voir”.
Quelle vie de merde.

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